Monique Le Hingrat-Villion
Autodidacte
Née en 1944
Vit et travaille dans l'Yonne
Principales Expositions
1991 à 1997 Paris Réalités Nouvelles
1993 Salon Europe Art Paris-Beaubourg
1994-1996-1997 Galerie Médiart Paris
1995 à 1997 (Exposition itinérante) Barcelone-Andorre-Madrid-Valence
1995 Galerie Novart Madrid
1995 Salon International d’Art Contemporain (SIAC) Strasbourg
1997 SAGA présentée par la Galerie Médiart - Paris
1997 Feria Internationale d’Art Contemporaneo Grenade
1999 Eglise Romane Ligny-le-Châtel (Bourgogne)
2000 Galerie Bernanos Paris
2001-2006-2009 Rencontres Aillantaise Aillant-sur-Tholon (Bourgogne)
2004-2005 MIAC-Pulsart Le Mans
2005-2006 Art-Metz Metz
2005-2006-2007-2008-2010 Festival d’Art Singulier Banne
2008 Contemporanéïté Singulière Banne
2008-2009 Courants d’Art Miermaigne
2009 Caravane des Singuliers Villeneuve-les-Maguelone
2009 Anim’enOc Saint-Julien-du-Sault (Yonne)
2009 Hang'Art (Moulin Roty) Saffré (Loire-Atlantique)
2009-2010 Hivernales du Livre et du Papier Joyeuse (Ardèche)
2010 Salon Vivre Livre Saint-Ambroix (Gard)
2011 L'Arrivage Troyes (Aube)
2011 La Friche de l'Art Anet (Eure-et-Loir)
voir à l'atelier ? quand vous voulez !
La ballade des pendus
Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis[1].
Vous nous voyez ci
attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça[2]dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Se frères vous clamons[3], pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis[4].
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie[5],
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et
noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés[6],
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Prince Jésus, qui sur tous a maistrie[7],
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre[8].
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
françois VILLON